Aurélien Hollander, Accueillant familial PJJ (62) : Offrir une nouvelle chance aux jeunes en difficulté

Le quotidien d’un accueillant familial PJJ : une aventure humaine à Wavrans-sur-l’Aa

À l’extrémité d’un petit hameau paisible du Pas-de-Calais, trois hectares s’étendent comme un écrin naturel où Aurélien Hollander partage sa vie avec sa famille et une vingtaine de chevaux. Ce quadragénaire, passionné d’équitation, ne se contente pas de vivre auprès de ces majestueux animaux : il offre aussi un refuge, un cadre protecteur pour des adolescents suivis par la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ). Cette vocation d’accueillant familial dépasse largement la simple gestion d’un foyer. C’est un engagement profond qui mêle écoute, accompagnement personnalisé et responsabilisation.

Les chevaux sont à la fois le décor et le moteur de cette expérience humaine. Aurélien explique que ces animaux sont un miroir sans concession des émotions. À travers le contact avec eux, les jeunes en difficulté peuvent apprendre à décoder leurs propres sentiments, à mieux se maîtriser. Cette relation pédagogique s’installe progressivement, servant de levier pour une réinsertion sociale plus harmonieuse. Bien sûr, l’accueil de ces jeunes nécessite rigueur et patience : règles du quotidien, horaires précis, et respect de certains codes sont instaurés sans excès. Un réveil organisé, un repas partagé, des soirées sans téléphone après 22h30, voilà un cadre qui, peu à peu, sert à reconstruire un mode de vie équilibré.

Mais rien ne serait possible sans l’adhésion familiale. Aurélien rappelle qu’accueillir un adolescent en situation de délinquance, c’est d’abord l’intégrer dans une dynamique collective, un tissu social bienveillant. Les tensions peuvent surgir, notamment lorsque les jeunes traversent des épisodes de colère ou d’éruptivité, mais la clé réside dans une gestion apaisée, sans réaction à chaud. Le soutien mutuel, la communication et la cohésion familiale deviennent alors des boucliers efficaces pour accompagner ces gamins influençables vers un avenir plus serein.

Aurélien Hollander : un parcours singulier vers l’accueil familial PJJ

Le choix d’Aurélien Hollander de devenir accueillant familial ne relève pas du hasard. Son cheminement personnel apporte une couleur unique à cet engagement. Tout a débuté avec un centre équestre, initialement consacré au loisir. Mais sa rencontre avec des publics issus de l’aide sociale à l’enfance et des foyers l’a sensibilisé à une cause plus grande que celle du simple hobby. Chaque visite, chaque échange lui ouvrait un nouveau chapitre d’histoires souvent douloureuses mais porteuses d’espoir. Sa propre expérience, marquée par un handicap locomoteur, lui a permis de mesurer la puissance des chevaux comme alliés dans la reconstruction personnelle.

La décision de s’investir pleinement auprès de la PJJ s’est imposée progressivement. Aurélien a franchi les étapes administratives, évaluations et entretiens, avant d’accueillir son premier adolescent en 2019. Depuis, il a offert à cinq jeunes un foyer temporaire. Ces passages, bien que ponctuels, laissent des empreintes durables. Accueillir un enfant suivi par la justice, c’est aussi intégrer les défis du placement familial spécialisé, où chaque intervention nécessite une adaptation constante et une sensibilité aiguë aux besoins individuels. L’histoire d’Aurélien illustre parfaitement la nécessité d’une protection de l’enfance qui soit à la fois ferme et humaine.

Loin d’être un acte isolé, cet engagement s’inscrit dans un mouvement plus large. Le ministère de la Justice, via des campagnes régulières telles que « Vous avez tout pour devenir famille d’accueil ! », incite toujours davantage de familles à franchir le pas. Elles sont aujourd’hui environ quarante dans la région Hauts-de-France, chacune apportant son brique à un édifice d’inclusion sociale. L’expérience d’Aurélien est un exemple frappant de la façon dont un environnement structurant, mêlant équitation et cadre familial, peut transformer des trajectoires parfois chaotiques en véritables réussites humaines.

Un cadre structurant pour accompagner la réinsertion des jeunes en difficulté

L’accueil familial PJJ ne peut se résumer à un simple hébergement. Il doit offrir un cadre de vie stable, sécurisant et éducatif. Aurélien Hollander a su créer cet environnement à Wavrans-sur-l’Aa en capitalisant sur sa passion et son savoir-faire équestre. Chez lui, les jeunes ne sont pas seulement des bénéficiaires, mais des membres à part entière d’un quotidien rythmé par des responsabilités et des activités communes.

La notion d’insertion sociale est centrale dans ce dispositif. En proposant un cadre familial qui respecte la règle et le rythme, Aurélien favorise la construction identitaire des adolescents. Ils retrouvent des habitudes de vie normales, attendues dans la société : gestion de son temps, respect des règles, coopération aux tâches ménagères, pauses dans l’utilisation des outils numériques… Cela leur permet de prendre du recul par rapport au groupe d’origine et aux mauvaises influences qui pourraient les entraîner vers la récidive.

Ces jeunes cabossés, souvent marqués par la souffrance et la colère, ont besoin d’un accompagnement personnalisé où l’écoute et le soutien ne sont pas de vains mots. Le lien de confiance est essentiel, et s’appuie sur la régularité des rencontres avec l’accueillant familial, mais aussi avec les intervenants sociaux. Le recours aux chevaux comme médiateurs est ici un atout incomparable : ces animaux permettent de calmer les tensions, encouragent la prise de responsabilité, et renforcent la confiance en soi.

Le rôle des accueillants familiaux s’étend au suivi médico-social des jeunes. Le Département, qui délivre les agréments et organise la surveillance des situations, est à la fois garant des droits des adolescents et soutien des familles d’accueil. Ce dispositif assure que chaque placement répond aux besoins précis de chaque jeune, dans une dynamique éducative adaptée. Cette collaboration entre la PJJ, les familles d’accueil et les services associatifs définit une chaîne de solidarité indispensable pour la protection de l’enfance.

Le bénévolat indemnisé au cœur d’une vocation : un équilibre entre engagement et reconnaissance

Il ne faut pas se méprendre : être accueillant familial PJJ n’est pas une profession au sens classique. Il s’agit d’une démarche volontaire, souvent vécue comme une vocation, comme c’est le cas pour Aurélien Hollander. Sans pour autant constituer un emploi salarié, cette fonction bénéficie d’une indemnisation qui reconnaît l’investissement et les contraintes assumées au quotidien. Cet équilibre délicat permet aux familles de s’engager pleinement sans en faire un fardeau financier.

Au fil des années, Aurélien et sa famille ont appris à conjuguer vie personnelle et accueil. La présence des chevaux facilite cette harmonie, car ils offrent des activités positives et structurantes qui impliquent tous les membres du foyer. Cela aide particulièrement les adolescents à se sentir intégrés, à participer activement en mettant la main à la pâte, ce qui valorise leurs compétences et développe leur estime.

Au-delà des aspects matériels, ce rôle s’inscrit dans un véritable parcours humain. Aurélien partage que chaque jeune accueilli laisse une trace et que des liens forts se maintiennent bien après leur départ. Certains reviennent présenter leur petite amie ou leur enfant, signe que l’étape passée auprès de cette famille a été un vecteur clé de changement. C’est dans cette dynamique de transmission, d’ouverture et de don que réside la richesse profonde de cet engagement.

Pour celles et ceux qui s’interrogent sur la possibilité d’accueillir un jeune suivi par la justice et souhaitent offrir un cadre de vie sécurisé et stimulant, les institutions proposent accompagnement et formations. Une bonne information sur les attentes, les moyens et les défis du métier est essentielle. Plus largement, toutes ces initiatives participent à un mouvement collectif pour que personne ne soit laissé de côté, offrant une vraie seconde chance à des adolescents souvent oubliés.

L’importance des campagnes institutionnelles pour recruter des familles d’accueil PJJ

Face aux nombreux besoins en accueil, la Protection Judiciaire de la Jeunesse multiplie les campagnes pour recruter des familles d’accueil. En région Hauts-de-France, cette démarche vise à sensibiliser un large public, qu’il s’agisse de célibataires, couples, actifs ou retraités. Le ministère de la Justice souligne que tous ceux qui souhaitent s’investir pour accompagner un adolescent en difficulté peuvent répondre à cet appel. Chaque famille apporte un cadre unique, un soutien personnalisable et un accompagnement adapté aux parcours complexes de ces jeunes.

La PJJ insiste sur la dimension collective de cette mission. Il ne s’agit pas simplement d’hébergement temporaire, mais d’une présence éducative, d’une écoute attentive à la fois bienveillante et ferme, propice à la construction identitaire. Les familles d’accueil participent aussi à la prévention de la récidive en offrant un autre regard, une autre expérience de vie que celle des foyers ou institutions classiques.

Dans ce contexte, le rôle joué par des accueillants comme Aurélien Hollander, qui intègrent des activités comme l’équitation dans leur approche, est salué. Loin d’être isolée, cette initiative s’inscrit dans un réseau d’échanges et de formations porté notamment par l’École nationale de protection judiciaire de la jeunesse (ENPJJ). En partageant savoir-faire et expériences, les accueillants familiaux affinent leurs compétences et renforcent leur engagement.

Enfin, ces campagnes s’accompagnent aussi de nombreuses ressources accessibles en ligne et localement. On recommande notamment de découvrir plus avant les dispositifs autour du placement familial spécialisé, une option précieuse pour répondre à la diversité des besoins. À ce titre, il est également enrichissant de visiter des lieux liés à la thématique jeunesse et justice ou d’assister à des rencontres professionnelles. Pour ceux qui veulent en savoir plus, il est possible d’en apprendre davantage sur des initiatives spécifiques à travers des sites dédiés comme celui permettant de visiter notamment l’hippodrome de Saint-Cloud, où le lien avec le cheval et l’équitation complète parfois l’accompagnement éducatif visiter l’hippodrome Saint Cloud.

Le renforcement des accueils familiaux par un afflux de candidatures favorise indéniablement la réussite des parcours de jeunes en difficulté. C’est un pilier discret mais fondamental du système de protection de l’enfance et un levier précieux pour que chaque étape d’insertion sociale soit une victoire sur l’adversité.

Passionnée par l’équitation depuis son enfance, Camille Durand partage son expérience et ses conseils pour aider chaque cavalier à progresser tout en respectant le bien-être du cheval.
Camille Durand