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  • Jumeaux chez la jument : pourquoi on les évite et comment

    Chez la jument, une gestation de jumeaux n’est pas une bonne nouvelle. Elle se termine le plus souvent par un avortement, et les poulains qui naissent vivants s’en sortent mal. Les vétérinaires cherchent donc les jumeaux tôt, à l’échographie, pour n’en garder qu’un. Cet article s’appuie sur une étude de la faculté de médecine vétérinaire de l’université de Montréal, publiée en 2008 dans le Canadian Veterinary Journal, dont l’introduction fait le point sur le sujet.

    Ce qu’il faut retenir

    • Les gestations multiples causent jusqu’à 30 % des avortements des poulinières.
    • Moins de 9 % des juments qui portent des jumeaux mènent les deux à terme.
    • Un poulain ne survit après la naissance que dans 21 % des cas.
    • Avant 16 jours, l’écrasement d’une des deux vésicules réussit dans plus de 90 % des cas.
    • D’où l’intérêt d’une échographie tôt après la saillie.

    Pourquoi les jumeaux posent problème

    L’équipe de Montréal rappelle des chiffres sans appel :

    • jusqu’à 30 % des avortements des poulinières sont dus à des gestations multiples ;
    • moins de 9 % des juments qui portent des jumeaux les mènent tous les deux à terme ;
    • un poulain ne survit après la naissance que dans 21 % des cas.

    L’avenir des poulains nés n’est pas meilleur. Sur 104 gestations de jumeaux suivies par Merkt et Jöchle, 16 % des poulains ont atteint l’âge de deux ans, 5 % ont pu être dressés, et aucun n’a couru. La gestation gémellaire augmente aussi le risque de poulinage difficile et demande plus de surveillance. Les auteurs ajoutent qu’elle réduit la fertilité de la saison suivante.

    Ce que la nature fait seule

    Tout dépend de la position des deux embryons. Quand ils se trouvent dans la même corne de l’utérus avec une différence de taille de plus de 4 mm, environ 85 % de ces gestations éliminent naturellement l’un des deux avant 40 jours, et l’autre se développe normalement. Quand ils sont dans deux cornes différentes, les deux survivent plus souvent au-delà de 40 jours. Mais la surface d’échange avec l’utérus manque, et la suite tourne au retard de croissance, à l’avortement ou à la naissance de poulains faibles ou mort-nés.

    Le cap des 40 jours

    Vers 40 jours de gestation, des structures de l’utérus appelées cupules endométriales se forment et sécrètent une hormone qui entretient la gestation jusqu’au 120e jour environ. Conséquence pratique : si la gestation s’arrête dans cette période, la jument tarde à revenir en chaleur, et la saison de monte est compromise. C’est pourquoi tout se joue avant.

    Le diagnostic à l’échographie

    L’échographie a transformé la gestion des jumeaux. Les auteurs listent pourtant les raisons pour lesquelles certains passent encore inaperçus :

    • pas d’historique de saillie ni de dossier ;
    • un examen de l’appareil génital incomplet ;
    • des kystes de l’utérus confondus avec de jeunes vésicules ;
    • un examen avant 14 jours, quand une vésicule plus jeune est encore trop petite pour être vue ;
    • un appareil d’échographie de résolution insuffisante ;
    • deux vésicules collées l’une à l’autre, difficiles à distinguer en un seul examen.

    Dans l’étude, les juments étaient contrôlées à 14 et à 30 jours. La conférence de l’IFCE sur la reproduction, citée dans notre article sur la gestation de la jument, insiste elle aussi sur ce double objectif : vérifier que la jument est pleine, et repérer une gestation gémellaire.

    Réduire à un seul embryon

    Avant 16 jours

    Pendant cette phase, l’embryon se déplace encore dans l’utérus. Selon les auteurs, l’écrasement manuel d’une des deux vésicules réussit alors dans plus de 90 % des cas. Le vétérinaire écrase en général la plus petite ou la plus accessible.

    Après la fixation

    Entre 16 et 30 jours, le taux de réussite baisse nettement. Il chute à 25 % quand les deux vésicules sont fixées dans la même corne, et reste plus élevé si elles sont dans deux cornes différentes.

    Plus tard

    Les auteurs passent en revue des techniques plus lourdes, aux résultats variables : ponction d’une vésicule par voie vaginale sous échographie, de 20 à 46 % de réussite selon les équipes, retrait chirurgical, ou injection létale dans le cœur d’un fœtus entre 115 et 130 jours, qui donne un poulain vivant dans 50 % des cas. Leur propre essai de réduction par voie vaginale à 30 jours a réussi dans 40 % des cas.

    Ce que tu fais en pratique

    • Prévois avec ton vétérinaire une échographie de contrôle tôt après la saillie, et une seconde ensuite.
    • Garde une trace précise des dates de saillie ou d’insémination.
    • Si des jumeaux sont vus, décide vite avec le vétérinaire : le délai joue contre toi.

    La préparation de la jument est détaillée dans notre article pour faire saillir sa jument, et la mise bas dans notre guide du poulinage.

    Source : I. Raggio et al., « Twin pregnancy experimental model for transvaginal ultrasound-guided twin reduction in mares », Canadian Veterinary Journal, 2008.

  • Aplombs du poulain : ce qui est normal, ce qui se corrige, et quand agir

    Un poulain ne se tient pas comme un adulte, et beaucoup de défauts apparents disparaissent en grandissant. D’autres, au contraire, ne se corrigent que pendant une fenêtre de quelques semaines. Savoir faire la différence évite deux erreurs : s’inquiéter pour rien, ou attendre trop longtemps. Cet article s’appuie sur la thèse vétérinaire de Céline Lenoir, soutenue à l’École vétérinaire de Toulouse en 2003, qui fait la synthèse des connaissances sur les défauts d’aplombs.

    Ce qu’il faut retenir

    • Un poulain « ouvert du devant » et panard est normal pendant sa première année.
    • Les règles d’aplombs de l’adulte ne s’appliquent qu’à partir de 12 mois.
    • Les déviations angulaires sont l’affection orthopédique la plus fréquente du poulain, et le genou est le premier touché.
    • Le parage commence dès 2 à 4 semaines.
    • Les corrections chirurgicales ne sont possibles que pendant la croissance rapide, parfois avant 1 mois.

    Ce qui est normal chez le poulain

    Lenoir explique que jusqu’à un ou deux ans, le poulain ne se juge pas avec les règles d’aplombs de l’adulte. Sa cage thoracique est encore étroite : ses coudes sont rapprochés et ses antérieurs s’écartent, il est « ouvert du devant ». Ses sabots pivotent souvent vers l’extérieur : il est panard. Ces deux traits se réduisent au cours de la première année, à mesure que le thorax s’élargit.

    L’angle entre le sol et l’axe du pied et du paturon est aussi souvent plus fort que chez l’adulte : les valeurs de référence ne valent qu’à partir de douze mois.

    Surveiller les aplombs, semaine après semaine

    La thèse cite un protocole de suivi : un examen par semaine de la naissance à un mois, puis un par mois jusqu’à six mois. Prends des photos à chaque fois, sous les mêmes angles, pour comparer.

    1. Observe le poulain en liberté près de sa mère, sur un sol plat et dégagé, sans litière.
    2. Regarde chaque membre de face, de profil et de derrière.
    3. Fais marcher puis trotter le poulain vers sa mère, qu’on éloigne doucement, pour repérer une boiterie.
    4. Palpe les membres : douleur, chaleur, gonflement, déformation.

    Ton vétérinaire complète par la manipulation : une déviation qui se redresse à la main n’a pas la même cause qu’une déviation fixe. Les premiers contrôles du poulain nouveau-né incluent déjà les membres. Pour que ces examens se passent bien, un poulain qui donne les pieds et accepte d’être tenu facilite tout.

    Les déviations angulaires

    Une déviation angulaire dévie le membre vers l’intérieur ou l’extérieur à hauteur d’une articulation. Lenoir les décrit comme l’affection orthopédique la plus fréquente du poulain : dans une analyse d’élevages de pur-sang en Irlande, plus de 60 % des poulains étaient déclarés atteints. Dans une étude d’Auer sur 53 poulains et 115 déviations :

    • le genou était touché dans 98 cas, le plus souvent dévié en dedans ;
    • le boulet dans 11 cas ;
    • le jarret dans 6 cas.

    Certains poulains naissent avec deux membres déviés dans un sens et deux dans l’autre : on les dit « balayés par le vent ». La thèse note aussi qu’en grandissant, la déviation angulaire se corrige souvent tandis que la rotation du pied s’accentue : un valgus marqué reste rare chez l’adulte. Elles s’associent souvent à d’autres troubles, dont l’ostéochondrose.

    Une fenêtre de correction courte

    Les os des membres grandissent vite pendant les premiers mois, puis ralentissent. Les périodes de croissance rapide citées par la thèse :

    Extrémité basse de l’os Croissance rapide
    Radius (genou) 0 à 8 mois
    Tibia (jarret) 0 à 6 mois
    Canon (boulet) 0 à 3 mois
    Première phalange 0 à 3 mois

    C’est pendant ces périodes que les corrections agissent. Une déviation du boulet se traite donc bien plus tôt qu’une déviation du genou.

    Les traitements, du plus léger au plus lourd

    Le repos au box

    Pour un nouveau-né dont la déviation reste légère, sous 15 degrés, et vient d’une laxité des tissus autour de l’articulation, cinq jours à une semaine de repos au box suffisent souvent. Au pré, le poulain force pour suivre sa mère et charge ses cartilages de croissance. Une déviation située au milieu de l’os, elle, ne s’améliore pas au repos.

    L’alimentation

    Lenoir conseille d’analyser la ration plutôt que d’ajouter des compléments au hasard : énergie, protéines, calcium, phosphore, cuivre, zinc, vitamines. Un excès comme une carence dérèglent la croissance.

    Le parage

    Les pieds du poulain se parent tôt, entre deux et quatre semaines, dès que la corne est assez dure, puis toutes les deux semaines environ. Quelques passages de râpe suffisent. Seul, le parage corrige les déviations mineures, sous 5 degrés. Au-delà, il accompagne d’autres traitements.

    Les attelles et la chirurgie

    Le vétérinaire dispose d’attelles, de plâtres, et de deux types d’opérations qui accélèrent ou freinent la croissance d’un côté de l’os. La thèse les réserve notamment aux déviations de plus de 15 degrés, à celles qui s’aggravent, ou qui résistent aux autres traitements. L’élévation du périoste se pratique entre deux semaines et quatre mois pour le genou et le jarret, mais de la naissance à un mois pour le boulet et la première phalange. Elle corrige en moyenne de 8 à 11 degrés.

    En pratique

    • Ne t’alarme pas d’un poulain panard et ouvert du devant.
    • Suis le protocole d’examens et garde tes photos.
    • Montre au vétérinaire toute déviation marquée ou qui s’aggrave, sans attendre.
    • Fais venir le maréchal-ferrant dès le premier mois.

    Avant d’acheter un jeune, regarde ses aplombs, avec notre guide pour acheter un poulain chez un éleveur.

    Source : C. Lenoir, « Les défauts d’aplombs du cheval : origine, conséquences et possibilités de traitement », thèse vétérinaire, École nationale vétérinaire de Toulouse, 2003.

  • Rhodococcose du poulain : reconnaître la pneumonie et protéger l’élevage

    La rhodococcose est une infection du jeune poulain due à une bactérie du sol, Rhodococcus equi. Elle provoque surtout des pneumonies, parfois foudroyantes, et revient d’une année sur l’autre dans les élevages où elle s’est installée. Cet article suit la fiche du RESPE, le réseau de surveillance des maladies équines, pour t’aider à la repérer tôt et à limiter le risque dans ton élevage.

    Ce qu’il faut retenir

    • Elle touche le poulain de 3 semaines à 6 mois, surtout entre 1 et 3 mois.
    • Les adultes ne sont pas malades, mais ils portent la bactérie.
    • Elle se transmet surtout par les poussières et les crottins inhalés.
    • Prends la température de tes poulains chaque jour : au-delà de 38,5 °C, isole et appelle le vétérinaire.
    • Il n’existe pas de vaccin, et un antibiotique donné en prévention est inefficace et interdit.

    La maladie en chiffres

    Selon le RESPE, l’incubation dure de 3 à 6 jours. Environ 17 % des poulains tombent malades, toutes races confondues. Sans soins, plus de 80 % des poulains les plus atteints en meurent. Les poulains de 1 à 3 mois sont les plus sensibles : c’est la période où l’immunité apportée par le colostrum baisse, alors que leurs propres défenses ne suffisent pas encore. Le RESPE précise que les poulains se contaminent souvent dès leur première semaine, d’autant plus facilement que le colostrum de la mère contient peu d’anticorps.

    D’où vient la bactérie

    • Elle vit dans le milieu ambiant, avec de nombreuses souches qui ne sont pas toutes dangereuses.
    • Elle se trouve dans l’intestin des chevaux adultes et se multiplie dans les crottins quand il fait chaud et humide.
    • Elle reste longtemps dans les sols secs : pâtures rases, abords des râteliers et des abreuvoirs, paddocks sans herbe.
    • Elle se met en suspension dans la poussière par temps sec, et le poulain qui marche derrière sa mère la respire.

    Le RESPE ajoute que les poulains nés tard, en juin et juillet, sont plus exposés : chaleur, humidité, poussière en période sèche et forte concentration de juments et de poulains se cumulent.

    Les signes

    La forme la plus courante est respiratoire : une pneumonie, souvent avec des abcès dans les poumons. Il existe aussi une forme intestinale, avec diarrhée et abcès dans l’abdomen, plutôt chez les poulains de 3 à 6 mois, et une forme qui touche les articulations. Les signes généraux :

    • une forte fièvre ;
    • de la toux, jusqu’à la détresse respiratoire ;
    • parfois une perte d’appétit ;
    • de l’abattement.

    La maladie avance parfois en silence, puis s’aggrave d’un coup, jusqu’à la mort soudaine.

    Le diagnostic

    Ces signes ne suffisent pas : le RESPE rappelle que la principale cause de pneumonie du poulain est un streptocoque, qui se traite autrement. Le vétérinaire s’appuie sur l’échographie des poumons, qui cartographie les abcès et guide la décision de traiter ou de surveiller, et sur des analyses de laboratoire à partir d’un prélèvement respiratoire. Toutes les souches ne sont pas virulentes : trouver la bactérie ne suffit pas à déclencher un traitement.

    Le traitement

    Il repose sur une association d’antibiotiques réservée et encadrée par la loi, prescrite après examen et diagnostic. Les poulains peu atteints, avec peu de lésions à l’échographie, guérissent souvent sans traitement. Selon le RESPE, l’antibiotique donné en prévention à un poulain sain est inefficace et interdit, et l’automédication expose à des poursuites. La guérison sans séquelle n’est pas toujours possible.

    Surveiller tes poulains de 1 à 3 mois

    • Observe chaque jour l’état général : tétée, éveil, réactivité.
    • Prends la température et compte la fréquence respiratoire chaque jour.
    • Au-delà de 38,5 °C, ou si la respiration s’accélère, même sans toux : isole le poulain et sa mère, lave et désinfecte tes mains entre deux poulains, porte une blouse réservée, et appelle le vétérinaire.
    • N’accueille pas une jument dont le poulain est suspect, ou isole-les dès l’arrivée.

    Prévenir dans l’élevage

    Les juments

    • Favorise les naissances précoces, pour éviter d’avoir beaucoup de poulains de 1 à 3 mois en pleine chaleur.
    • Isole les juments prêtes à pouliner, et garde les juments suitées en petits groupes, séparées des autres. Notre article sur le poulinage de la jument détaille la préparation.

    Les bâtiments et les paddocks

    • Ramasse les crottins des boxes tous les jours, ventile, et nettoie puis désinfecte tous les 15 jours.
    • Arrose les zones de passage poussiéreuses et ramasse les crottins des paddocks et des abris.
    • Évite de concentrer trop de juments suitées au même endroit, et déplace mangeoires et bacs à eau, car les zones piétinées gardent la bactérie.
    • Si la maladie est déjà apparue, demande au vétérinaire des prélèvements de sol et de poussière : le risque augmente au-delà de 10 000 germes par gramme, selon le RESPE.

    L’immunité

    Un bon colostrum dans les premières heures reste la première protection, voir notre article sur le poulain nouveau-né. Aucun vaccin n’existe contre la rhodococcose, contrairement à la grippe ou au tétanos traités dans notre article sur la vaccination du poulain. Et si ton poulain a la diarrhée, notre guide sur la diarrhée du poulain fait le point sur les causes.

    Source : RESPE, fiche « Rhodococcose ».

  • Diarrhée du poulain : causes, signes d’alerte et prévention

    La diarrhée est le trouble que tu croiseras le plus souvent chez un jeune poulain. La plupart des épisodes passent vite, mais certains le déshydratent en quelques heures et le mettent en danger. Cet article s’appuie sur la fiche du RESPE, le réseau de surveillance des maladies équines, et sur une webconférence de l’IFCE consacrée au rotavirus, donnée en 2024 par une vétérinaire de l’ANSES.

    Ce qu’il faut retenir

    • En moyenne, 80 % des poulains font au moins une diarrhée dans leurs six premiers mois, selon le RESPE.
    • Le danger est la déshydratation.
    • Le rotavirus cause 29 % des diarrhées du poulain en France et se transmet d’un poulain à l’autre.
    • Abattement, fièvre, refus de téter : appelle le vétérinaire sans attendre.
    • Hygiène, isolement et bon colostrum forment la prévention.

    Les causes

    Le RESPE classe les causes en deux familles.

    Les causes infectieuses

    • des bactéries : E. coli, Clostridium, salmonelles, Rhodococcus equi, Lawsonia intracellularis et d’autres ;
    • des virus : rotavirus, adénovirus, coronavirus ;
    • un parasite : Cryptosporidium parvum.

    Les causes non infectieuses

    • l’alimentation : suralimentation, intolérance au lactose, sable, terre, crottin ou paille avalés en excès ;
    • les ulcères gastriques ;
    • un traitement antibiotique, ou un stress, qui déséquilibrent la flore digestive.

    La présentation de l’IFCE range aussi parmi les diarrhées non infectieuses la diarrhée dite de chaleur de lait, qu’elle qualifie de physiologique. Notre article sur le poulain nouveau-né décrit cette diarrhée de la chaleur de poulinage. Quant aux anguillules, petits vers transmis par le lait de la mère, l’IFCE ne leur reconnaît pas de lien établi avec la diarrhée.

    Ce que montre une étude sur des poulains hospitalisés

    Le RESPE cite une étude américaine menée sur des poulains hospitalisés pour diarrhée entre 2003 et 2008. Un agent pathogène a été trouvé chez 55 % d’entre eux. Chez les 122 poulains porteurs d’au moins un agent :

    • rotavirus : 20 % des infections ;
    • Clostridium perfringens : 18 % ;
    • salmonelles : 12 % ;
    • parasites : 7 % ;
    • Clostridium difficile : 5 % ;
    • coronavirus et cryptosporidies : 1 % chacun.

    Les auteurs soulignent que trouver un agent chez un poulain malade ne prouve pas qu’il cause la diarrhée. Dans cette étude, 87 % des poulains ont survécu.

    Le rotavirus, première cause contagieuse

    D’après la présentation de Peggy Moreau, vétérinaire à l’ANSES, pour l’IFCE :

    • il touche les poulains de 2 jours à 5 mois, en moyenne vers 30 à 40 jours ;
    • il cause 29 % des diarrhées du poulain en France ;
    • il se transmet par les crottins, d’un poulain à l’autre, par les mains, le matériel et les poils, après 2 à 10 jours d’incubation ;
    • la présentation estime qu’un gramme de crottin contient de quoi infecter un million de poulains ;
    • il résiste de 9 à 12 mois dans le milieu, et un poulain guéri l’excrète encore 4 à 14 jours.

    Les signes vont de crottins mous à une diarrhée liquide en jet, avec abattement, fièvre, perte d’appétit, déshydratation et parfois coliques. Le pronostic est bon en général, moins bon chez les plus jeunes poulains, qui se déshydratent vite.

    Quand appeler le vétérinaire

    • le poulain est abattu, tète moins ou plus du tout ;
    • il a de la fièvre ;
    • la diarrhée est liquide, abondante, ou dure ;
    • il montre des signes de coliques ;
    • il n’a que quelques jours : les plus jeunes se déshydratent vite.

    Le vétérinaire examine le poulain et fait analyser ses crottins pour trouver l’agent. Selon le RESPE, le traitement commence par la réhydratation, par la bouche ou par perfusion, puis vise l’inflammation de l’intestin, l’agent identifié et la flore intestinale. La présentation de l’IFCE ajoute les soins de tous les jours : surveiller les tétées, laver les fesses du poulain, protéger sa peau, et traire la jument si besoin.

    Prévenir dans l’élevage

    • Nettoie les boxes et ramasse les crottins, au box comme au pré.
    • Évite la surpopulation et les mouvements d’animaux pendant la saison des poulinages.
    • Mets en quarantaine une quinzaine de jours les juments qui arrivent d’un autre élevage, selon le RESPE.
    • Isole un poulain malade jusqu’à 2 à 3 jours après l’arrêt de la diarrhée, avec du matériel et une tenue réservés.
    • Sépare les poulains par classe d’âge et évite de les changer de box, comme le conseille la présentation de l’IFCE.
    • Désinfecte avec un produit actif sur les virus sans enveloppe : la présentation cite les phénols, les iodophores et le formol comme efficaces, l’eau de Javel et les ammoniums quaternaires comme inégaux.

    Renforcer l’immunité

    Le poulain tire ses premières défenses du colostrum, d’où l’importance des premières heures décrites dans notre article sur le poulain nouveau-né. Un vaccin contre le rotavirus existe pour les juments pleines, injecté à 8, 9 et 10 mois de gestation. Selon la présentation, il réduit le nombre et la gravité des cas sans protéger à 100 %. Le parasitisme se gère à part, avec notre guide pour vermifuger un poulain.

    Sources : RESPE, fiche « Diarrhées du poulain » · P. Moreau, « Rotavirus : cause majeure de diarrhée contagieuse du poulain », webconférence IFCE, avril 2024 · M. Delerue, « Des parasites et des poulains », webconférence IFCE, février 2024.

  • Vermifuger un poulain : à quel âge et contre quels parasites

    Le poulain attrape ses premiers parasites dès ses premières semaines, et ce ne sont pas ceux de l’adulte. Le vermifuger comme un cheval adulte, ou trop souvent, fait plus de mal que de bien. Cet article suit la présentation « Des parasites et des poulains » donnée en février 2024 par Marie Delerue, vétérinaire à l’IFCE et membre du conseil scientifique du RESPE.

    Ce qu’il faut retenir

    • Pas de vermifuge avant l’âge de 2 mois.
    • Avant 6 mois, la cible principale est l’ascaride.
    • Après 6 mois s’ajoutent les petits strongles et les ténias.
    • Des coproscopies vers 8 mois aident à choisir le produit.
    • Ramasser les crottins et nettoyer les boxes réduit le recours aux vermifuges.

    Les parasites du poulain, âge par âge

    Delerue décrit une infestation par plusieurs parasites dès la naissance, qui se succèdent avec l’âge :

    • Les anguillules (Strongyloides westeri) arrivent les premières. La mère les transmet par des larves présentes dans son lait, ou qui passent par la peau, puis le poulain en avale dans l’herbe. Aucun lien n’est établi avec la diarrhée, et la présentation ne recommande pas de les traiter de façon systématique.
    • Les ascarides (Parascaris) infestent la plupart des poulains. Ils avalent des œufs présents dans les crottins, l’herbe, la litière, sur les parois, dans les abreuvoirs et les mangeoires, et jusque sur la mamelle. Ces œufs résistent plusieurs années : chaque génération contamine la suivante.
    • Les petits strongles (cyathostomes) sont avalés sous forme de larves dans l’herbe. Leurs larves s’enkystent dans la paroi de l’intestin, et la forme grave, la cyathostomose larvaire, touche surtout les chevaux de 1 à 6 ans.
    • Les grands strongles sont rares, mais dangereux pour les jeunes chevaux.
    • Les ténias sont transmis par de petits acariens de l’herbe et concernent les chevaux de tous âges.
    • Les gastérophiles et les oxyures sont peu pathogènes et ne justifient pas de traitement systématique.

    L’ascaride, cible numéro un avant 6 mois

    • Ses larves migrent par le foie et les poumons, et les adultes, qui atteignent 50 cm, vivent dans l’intestin grêle.
    • Les signes : perte d’appétit, croissance ralentie, poil terne, toux.
    • Plus rarement, une masse de vers bouche l’intestin grêle, voire le rompt. Les coliques qui en résultent sont graves et souvent mortelles. Delerue signale qu’un vermifuge donné dans les 24 heures précédentes est un facteur de risque de cet accident.
    • Le poulain s’immunise entre 6 mois et 1 an. Les adultes n’excrètent pas ou peu d’œufs d’ascarides.

    Le calendrier présenté par l’IFCE

    Âge Traitement préconisé
    Avant 2 mois Aucun
    2 à 3 mois Un traitement contre les ascarides
    5 à 6 mois Un traitement contre les ascarides, actif aussi contre les ténias si le risque est fort dans l’élevage
    8 à 9 mois Un traitement contre les petits et grands strongles, et contre les ténias s’ils n’ont pas été traités à 5 ou 6 mois
    1 an Un traitement contre les ascarides et/ou les petits strongles selon les coproscopies, et contre les ténias s’ils n’ont pas été traités à 5 ou 6 mois

    Delerue précise que ces préconisations s’adaptent au risque évalué dans chaque élevage. C’est le travail de ton vétérinaire.

    Analyser avant de traiter

    • Vers 8 mois, une coproculture sur le groupe renseigne sur les strongles et sur le besoin de vermifuger une ou deux fois pendant la première année.
    • Des coproscopies individuelles vers 8 mois aident à choisir le vermifuge le mieux adapté contre les ascarides.
    • Pour les ténias, une recherche d’anticorps par prise de sang complète l’information.
    • Le test de réduction d’excrétion des œufs vérifie qu’un vermifuge agit encore : une coproscopie le jour du traitement, une autre 14 jours après. Delerue conseille de le refaire tous les 2 à 3 ans pour chaque molécule utilisée.

    Pourquoi ne pas vermifuger plus souvent

    La présentation liste trois effets négatifs des vermifuges : sur l’environnement, sur la flore digestive du cheval, et sur les résistances des parasites. Plus on vermifuge, plus les parasites résistants se multiplient. Côté ascarides, les données françaises sont rares, mais une résistance à l’ivermectine a été rapportée dans trois élevages normands en 2012. D’où deux règles :

    • ne pas utiliser l’ivermectine chez un poulain de moins de 6 mois sans avoir mesuré son efficacité ;
    • ne pas vermifuger les mères au poulinage, ce que la présentation juge inutile. Notre article sur la gestation de la jument va dans le même sens.

    Réduire les parasites dans l’environnement

    • Boxes et aires stabilisées : nettoie régulièrement mangeoires, abreuvoirs et parois. À l’eau chaude au-dessus de 60 °C et sous haute pression, les œufs d’ascarides sont inactivés.
    • Paddocks en herbe : ramasse les crottins une fois par mois et avant une forte pluie contre les ascarides, une fois par semaine contre les petits strongles, deux fois en été.
    • Fumier : composté au-dessus de 60 °C, il détruit larves et œufs. N’épands pas les andains dans les prés des poulains.
    • Fin de saison : fais pâturer les parcelles des poulains par des chevaux adultes, qui excrètent peu d’œufs d’ascarides. Le chaulage n’a pas démontré d’intérêt.
    • En cours de saison : le pâturage mixte avec des bovins ou des ovins, en même temps ou en alternance, réduit la pression.
    • Rotation : change régulièrement de parcelle, mais pas aussitôt après un vermifuge, ce qui favorise les résistances.

    Dans la vie de l’élevage

    Note chaque traitement, son produit et sa date : un acheteur le demandera, comme le rappelle notre guide sur les éleveurs de poulains. Pour la jument, voir notre article pour faire saillir sa jument.

    Source : M. Delerue, IFCE, « Des parasites et des poulains », webconférence du 13 février 2024.

  • Faire naître une mule : croiser sa jument avec un baudet

    Une jument ne donne pas toujours un poulain. Saillie par un âne, elle met au monde une mule ou un mulet. Ce croisement a fait la richesse du Poitou pendant des siècles, et il intéresse encore des éleveurs qui cherchent un animal de bât ou d’attelage robuste. Voici ce qu’il faut savoir avant de se lancer, d’après les articles de Wikipédia consacrés au mulet, au trait poitevin mulassier et à l’âne du Poitou.

    Ce qu’il faut retenir

    • Le mulet naît d’un âne et d’une jument. Le mulet est le mâle, la mule la femelle.
    • Le croisement inverse, un cheval et une ânesse, donne un bardot.
    • Mules et mulets sont presque toujours stériles.
    • Le muleton présente un risque d’anémie lié au colostrum : parles-en à ton vétérinaire avant la naissance.
    • Le Poitou a bâti une race de juments et une race d’ânes pour cette production.

    Mule, mulet, bardot : qui est qui

    D’après Wikipédia, le mulet et la mule sont des hybrides engendrés par un âne et une jument. On appelle mulet l’hybride mâle et mule l’hybride femelle. Le croisement d’une ânesse et d’un étalon donne un bardot.

    Le mulet tient de ses deux parents. Sa taille se situe entre celles de l’âne et du cheval, et il dépasse parfois ses deux parents. Wikipédia lui prête la force et la taille du cheval, la sobriété et la robustesse de l’âne. Ses oreilles sont longues, sa tête volumineuse. Sa robe est souvent baie ou noire, plus rarement alezane, grise ou baie dun.

    Un animal presque toujours stérile

    Le mulet compte 63 chromosomes, à mi-chemin entre ses deux espèces parentes. Selon Wikipédia, on sait depuis 1999 que la stérilité vient surtout des différences de structure entre les chromosomes de l’âne et du cheval, qui empêchent leur appariement. L’article cite la société muletière britannique, qui n’a enregistré que 60 naissances issues de mulets en cinq siècles.

    Conséquence pratique : chaque mule naît d’un nouveau croisement. On n’élève pas de mules entre elles. Un mâle castré s’appelle d’ailleurs un hongre, comme le cheval. Notre article sur la castration du poulain détaille l’intervention chez le cheval.

    La mule poitevine, une industrie historique

    Au XIXe siècle, l’élevage mulassier français est florissant, rappelle Wikipédia. Les mulets s’exportent en Suisse, en Allemagne, en Italie, en Espagne et jusqu’en Amérique. Le Poitou, le Dauphiné, le Massif central et les Pyrénées en sont les grandes régions.

    Le Poitou s’est spécialisé. Ses juments de trait poitevines, croisées avec des baudets du Poitou, donnent les mules poitevines, grandes et rustiques. En 1867, le vétérinaire Eugène Ayrault estime à 23 000 le nombre de poulinières mulassières dans les seules Deux-Sèvres. Le stud-book du trait poitevin mulassier est créé le 26 juin 1884, avec une section chevaline et une section asine.

    Le mot baudet désigne l’âne mâle reproducteur. La race est l’âne du Poitou, reconnaissable à son poil long. Elle a failli disparaître : en 1977, une stagiaire ingénieure des Haras nationaux, Annick Audiot, ne compte plus que 44 animaux dans huit élevages. Un plan de sauvegarde suit dans les années 1980. Le rôle des haras dans ces sauvetages est raconté dans notre article sur les Haras nationaux.

    Aujourd’hui, Wikipédia note que la production de mules poitevines reste anecdotique, faute d’un nombre suffisant de juments de trait poitevines.

    Choisir la jument et le baudet

    L’histoire du Poitou montre que la jument compte autant que l’âne. Selon Wikipédia, les éleveurs du XIXe siècle jugeaient sans valeur pour la mule les juments issues de croisements avec le pur-sang : ils voulaient des juments de fort gabarit. Le gabarit se choisit selon l’usage visé, et Wikipédia distingue d’ailleurs les mules de trait, aux sabots plus larges.

    La préparation de la jument reste celle d’une mise à la reproduction classique : état corporel, vaccins, dépistages, suivi de la gestation. Notre article pour faire saillir sa jument et notre guide de la gestation de la jument s’appliquent. Vérifie auprès du propriétaire du baudet les conditions de saillie et l’état sanitaire du mâle.

    La naissance du muleton : un risque à connaître

    Wikipédia signale que, dans 10 % des cas, le mulet présente une anémie hémolytique grave dans les premiers jours d’allaitement. Elle est liée aux anticorps de la mère, transmis par le colostrum. La cause est identifiée depuis le milieu des années 1940. L’article cite les parades employées : le dosage des anticorps, le retard de l’allaitement et la transfusion de globules de la mère.

    Ce point mérite une discussion avec ton vétérinaire avant le terme, car le colostrum est par ailleurs vital pour tout nouveau-né équin. Les contrôles des premières heures sont détaillés dans notre article sur le poulain nouveau-né.

    Où voir des mules

    Chaque année, le deuxième week-end d’août, la commune de Seyne accueille ce que Wikipédia présente comme le dernier concours mulassier de France, avec l’élection des plus beaux mulets par catégorie. Une bonne occasion de rencontrer des éleveurs avant de faire saillir ta jument.

    Sources : Wikipédia, « Mulet », « Poitevin mulassier », « Âne du Poitou », « Bardot » et « Hongre ».

  • Haras nationaux : ce qu’ils faisaient pour les éleveurs et ce qu’il en reste

    Pendant plus de trois siècles, l’État a choisi les étalons qui couvraient les juments françaises. Les Haras nationaux ont été, de 1665 à 2010, l’administration publique de l’élevage du cheval. Aujourd’hui, leurs étalons ont été vendus et l’institution a fusionné dans l’Institut français du cheval et de l’équitation, l’IFCE. Cet article retrace leur histoire d’après l’article de Wikipédia qui leur est consacré, et dit ce qu’elle change pour un éleveur en 2026.

    Ce qu’il faut retenir

    • Les haras royaux naissent en 1665, sous Colbert.
    • Supprimés en 1790, ils sont rétablis par Napoléon en 1806.
    • Pendant des siècles, ils fournissent des étalons publics aux éleveurs.
    • Le fichier SIRE, créé en 1974, vient d’eux.
    • En 2010, ils fusionnent avec l’École nationale d’équitation pour former l’IFCE.
    • Les derniers étalons de l’État sont vendus fin 2014.

    1665 : une administration pour l’élevage

    L’arrêt du Conseil du roi du 17 octobre 1665 pose les bases des haras royaux, sous l’impulsion de Colbert. L’objectif est d’abord militaire : fournir des chevaux à la cavalerie. Le haras du Pin, en Normandie, est construit au début du XVIIIe siècle sur ordre de Louis XIV. Il reste le plus vaste et le plus connu, avec 1 000 hectares.

    Le système encadre les éleveurs de près. Wikipédia rappelle qu’un règlement de 1717 les empêche longtemps de recourir aux étalons de leur choix.

    La Révolution, puis Napoléon

    Le 29 janvier 1790, l’Assemblée constituante supprime les haras royaux, qualifiés de « régime prohibitif ». Les 1 116 étalons royaux sont vendus, certains à des Anglais. Le décret impérial du 4 juillet 1806 rétablit les haras, avec six arrondissements et des dépôts d’étalons pour couvrir le territoire. Beaucoup s’installent dans d’anciens bâtiments religieux confisqués sous la Révolution.

    La loi du 29 mai 1874, dite loi Bocher, organise les Haras nationaux pour plus d’un siècle : 22 haras couvrent alors la France.

    L’étalon public, au cœur du système

    La mission historique s’appelle l’étalonnage public. Les inspecteurs des haras achètent des étalons sur inspection et sur performances, puis les mettent à disposition des propriétaires de juments dans toute la France. Chaque haras couvre une circonscription, avec plusieurs stations de monte où les étalons partent pendant la saison de reproduction.

    Les haras ont aussi porté les races de trait. Selon Wikipédia, ils ont détenu jusqu’à un tiers des étalons de ces races, avec des spécialités : Le Pin pour le Percheron, Besançon pour le Comtois, Lamballe et Hennebont pour le Breton. Ils ont également contribué à sauver plusieurs races d’ânes françaises, dont l’âne du Poitou, longtemps élevé pour produire des mules. Notre article pour faire naître une mule raconte cette histoire.

    Le SIRE, héritage le plus concret

    En 1974, les Haras nationaux créent le SIRE, le Système d’information répertoriant les équidés, géré au haras de Pompadour. Wikipédia le présente comme le premier fichier généalogique centralisé au monde. Il répertorie l’identité des équidés, leurs naisseurs et propriétaires, leurs carrières d’élevage et leurs performances. Les haras sont aussi pionniers de l’insémination artificielle.

    Chaque fois que tu déclares une naissance, tu utilises cet héritage. Les délais et les étapes sont dans notre guide de la déclaration de naissance d’un poulain.

    De 1999 à 2014 : la fin d’un modèle

    • 1999 : les Haras nationaux deviennent un établissement public administratif. La gestion des stud-books, qu’ils tenaient depuis 1833, passe ensuite à des associations de race, en 2002.
    • 2004-2008 : un contrat d’objectifs les transforme en prestataires de services, invités à ne pas concurrencer le marché privé de la reproduction.
    • 2010 : fusion avec l’École nationale d’équitation. Naît l’IFCE.
    • Fin 2014 : les 400 derniers étalons propriété de l’État sont vendus, ce qui met fin à une activité commencée en 1665.
    • À partir de 2016 : les sites qui ne sont pas repris par des collectivités sont mis en vente.

    Des haras spécialisés par race

    Chaque établissement avait ses spécialités. Pompadour, siège des Haras nationaux jusqu’en 2010, s’est consacré à l’Anglo-arabe. La Roche-sur-Yon et Saintes suivaient le Poitevin mulassier, Montier-en-Der et Rosières-aux-Salines l’Ardennais, Compiègne le Boulonnais et le Trait du Nord. Wikipédia rapporte aussi un usage plus protocolaire : les chevaux offerts aux présidents de la République sont traditionnellement confiés à un établissement des Haras nationaux, qui les entretient.

    Ce que ça change pour toi, éleveur

    Les étalons sont désormais privés. Tu choisis le reproducteur auprès d’un étalonnier, en vérifiant qu’il est approuvé par le stud-book de la race visée. Notre article sur l’élevage de chevaux de sport explique le rôle des stud-books, et celui pour faire saillir sa jument détaille le choix de l’étalon et de la technique de monte.

    L’État n’a pas disparu de l’élevage pour autant. D’après Wikipédia, les anciens agents des haras, via l’IFCE, restent chargés de l’identification des équidés et actifs dans la préservation des races menacées, en particulier de trait. Les sites du Pin ou de Pompadour se visitent et racontent ce patrimoine.

    Sources : Wikipédia, « Haras nationaux » · Wikipédia, « Institut français du cheval et de l’équitation ».

  • Ostéochondrose du poulain : causes, dépistage et prévention en élevage

    L’ostéochondrose est une maladie de croissance du jeune cheval. Elle touche le cartilage des articulations pendant les premiers mois de vie, souvent sans signe visible, et se découvre parfois à la radiographie d’achat ou au début du travail. Cet article s’appuie sur le travail de fin d’études vétérinaires de Paul Bruneau, rédigé à l’université de Liège en 2021-2022, qui fait le point sur les causes et sur la sélection, et sur l’article de Wikipédia consacré à l’ostéochondrite.

    Ce qu’il faut retenir

    • La plupart des lésions se forment avant l’âge de 7 mois.
    • Certaines guérissent seules, mais cette capacité décline nettement à partir de 12 mois.
    • La maladie a plusieurs causes : alimentation, exercice, croissance, génétique.
    • Le diagnostic se fait surtout par radiographie.
    • Un poulain au pré, avec un exercice régulier, s’en sort mieux qu’un poulain au box.

    Ce qu’est l’ostéochondrose

    À la naissance, une grande part du squelette est encore du cartilage, qui se transforme peu à peu en os. Bruneau décrit l’ostéochondrose comme une perturbation locale de cette ossification, dans le cartilage en croissance. Des fissures apparaissent à la jonction entre le cartilage et l’os, et des lambeaux ou des fragments se forment parfois dans l’articulation. On parle alors d’ostéochondrose disséquante, ou OCD.

    D’après Wikipédia, chez le cheval, la maladie touche le plus souvent les grassets, les boulets et les jarrets. Bruneau cite le grasset comme un site fréquent.

    Combien de poulains sont touchés

    Les chiffres varient selon les études et les articulations radiographiées. Bruneau rapporte une prévalence estimée de 33 à 44 %, mesurée par dépistage radiographique des yearlings. Il cite aussi des études où 20 à 26,5 % des chevaux présentent au moins une lésion. Il précise que le dépistage radiographique avant achat est plus répandu en Europe qu’aux États-Unis, ce qui explique que la plupart des données viennent d’élevages européens.

    Quand les lésions apparaissent

    Selon le travail de Bruneau, la plupart des lésions se développent avant 7 mois. Beaucoup ne se voient pas : elles ne sont diagnostiquées que plus tard, quand le cheval commence à travailler et que l’articulation est sollicitée.

    Une partie des lésions guérit pendant la croissance. Cette capacité de réparation décline rapidement à partir de 12 mois, avec la réduction des vaisseaux qui nourrissent le cartilage. Après un an, une lésion a peu de chances de guérir davantage. La première année est donc la fenêtre où l’élevage pèse le plus.

    Les causes

    Bruneau présente l’ostéochondrose comme une maladie multifactorielle : nutrition, environnement, contraintes mécaniques et génétique.

    L’alimentation

    Bruneau cite une étude menée par une équipe liégeoise sur 204 poulains suivis de 6 à 18 mois. Les poulains nourris avec des concentrés avaient une probabilité plus élevée de développer des lésions d’OCD. Ceux qui n’en recevaient pas avaient une probabilité plus élevée de guérir de leurs lésions. Bruneau appelle à la prudence : l’étude n’invite pas à bannir les concentrés, car la malnutrition augmente elle aussi les risques. Notre guide du sevrage du poulain rappelle qu’une ration riche en céréales prédispose à l’ostéochondrose et conseille de privilégier fibres et matières grasses.

    L’exercice

    Trop d’exercice fait progresser une lésion précoce. Trop peu, ou un exercice irrégulier, nuit aussi : d’après Bruneau, les poulains élevés au box développent plus de lésions que ceux qui vivent au paddock. Après un an, ce sont surtout les traumatismes liés à un exercice excessif qui causent des lésions tardives.

    La génétique

    L’héritabilité varie de 0,02 à 0,45 selon l’articulation, d’après les études citées par Bruneau. Il rapporte l’exemple de chevaux Maremmano : avec une héritabilité estimée à 0,14, sélectionner mâles et femelles sur cinq générations ferait passer l’OCD de 17 % à 2 %.

    La mère

    Bruneau cite une étude sur l’obésité de la jument : les juments obèses étaient plus résistantes à l’insuline, et leurs poulains étaient significativement plus touchés par l’ostéochondrose à 12 mois. Tous les poulains de cette étude avaient le même père.

    Les signes et le diagnostic

    La plupart des cas sont légers à modérés. Bruneau cite comme signes un gonflement de l’articulation, appelé épanchement, une boiterie en général légère et une douleur à la flexion. Beaucoup de lésions ne donnent aucun signe et ne se voient qu’à la radiographie. Certaines lésions radiographiques guérissent ou se stabilisent avant 12 mois. Bruneau note que l’échographie s’est montrée plus sensible que la radiographie pour repérer ces lésions.

    Ce que tu fais en élevage

    • Laisse le poulain dehors, avec un exercice libre et régulier.
    • Fais établir sa ration avec ton vétérinaire ou un nutritionniste, sans excès de concentrés.
    • Surveille la mère pendant la gestation : un état d’embonpoint excessif n’est pas un atout.
    • Renseigne-toi sur les radiographies de l’étalon : Bruneau indique que certains pays européens examinent les articulations des candidats reproducteurs.
    • Avant une vente, prévois des radiographies : Bruneau note que les lésions pèsent sur le prix.

    Les options de traitement vont de la réduction de l’exercice à la chirurgie, que Bruneau décrit comme une solution courante, aujourd’hui souvent par arthroscopie. La décision revient au vétérinaire, au vu des images et de l’âge du poulain. Si tu achètes un jeune cheval, notre guide pour acheter un poulain chez un éleveur détaille les étapes de l’achat.

    Sources : P. Bruneau, travail de fin d’études sur la sélection génétique et l’ostéochondrose du cheval, faculté de médecine vétérinaire, université de Liège, 2021-2022 · Wikipédia, « Ostéochondrite ».

  • Poulain, pouliche, foal, yearling : les noms du jeune cheval selon son âge

    Une annonce propose un « foal 2026 », un catalogue parle de « yearlings », un éleveur présente sa « poulinière suitée ». L’élevage du cheval a son vocabulaire, mêlé d’anglicismes. Voici les mots que tu croiseras, rangés par âge et par rôle, avec la définition que leur donnent le dictionnaire de Littré et les articles de Wikipédia consacrés au cheval.

    Ce qu’il faut retenir

    • Poulain désigne le jeune mâle, pouliche la jeune femelle.
    • Foal désigne le poulain né dans l’année, yearling le jeune cheval dans sa deuxième année.
    • On parle de poulain ou de pouliche jusqu’à 3 ans.
    • La poulinière est la jument destinée à la reproduction. Suitée, elle est accompagnée de son poulain.
    • Étalon, entier et hongre ne disent pas la même chose.

    Le jeune cheval, âge par âge

    Âge Mot employé Source
    Né dans l’année poulain ou pouliche, couramment « foal » Wikipédia, « Poulain »
    Deuxième année « yearling » Wikipédia, « Yearling »
    Moins de 3 ans poulain ou pouliche Wikipédia, « Cheval »
    Adulte jument, étalon, entier, hongre Wikipédia, « Cheval »

    Poulain et pouliche

    Littré définit le poulain comme le « nom du cheval avant l’âge adulte » et la pouliche comme une « jument qui n’est pas encore adulte ». Il précise qu’on disait autrefois « poulaine » ou « pouline » pour la femelle.

    D’après l’article de Wikipédia consacré au poulain, le mot est attesté en français dès le XIe siècle. Il viendrait du latin pullus, « petit d’un animal ». Le même article indique que, traditionnellement, on appelle poulain tout jeune cheval de moins de trois ans, et que dans certaines races et certains sports le terme s’emploie jusqu’à cet âge.

    Foal et yearling, deux mots anglais

    Le poulain né dans l’année est couramment appelé « foal », un anglicisme. Wikipédia note une curiosité : le latin pullus et l’anglais foal remontent à la même racine indo-européenne, qui désigne un jeune animal.

    Le « yearling » désignait au départ un pur-sang anglais dans sa deuxième année. Par extension, le mot s’applique aux poulains de toutes les races nés l’année précédente. Tu le croiseras dans les catalogues de vente et les concours d’élevage, présentés dans notre article sur l’élevage de chevaux de sport.

    Dans une annonce, « foal 2026 » veut dire « né en 2026 ». Le millésime compte plus que le mot : vérifie toujours la date de naissance sur les papiers, comme l’explique notre guide pour acheter un poulain chez un éleveur.

    Les mots de la mère

    • Jument : la femelle adulte.
    • Poulinière : selon Littré, une « jument destinée à la reproduction ». Wikipédia ajoute qu’une poulinière doit réunir des qualités qui augmentent les chances d’obtenir le poulain attendu.
    • Primipare : d’après l’article « Cheval » de Wikipédia, se dit d’une jument gestante pour la première fois.
    • Suitée : Littré la définit comme une « jument accompagnée de son poulain ». Il cite un rapport parlementaire du XIXe siècle où l’herbage d’une poulinière suitée en Normandie coûtait 338 francs, contre 268 francs sans poulain.

    Les étapes de la naissance, de la préparation à la délivrance, sont dans notre article sur le poulinage de la jument.

    Les mots du père

    • Étalon : un mâle reproducteur reconnu, autorisé en élevage à se reproduire.
    • Entier : un mâle adulte non castré, qu’il serve ou non à la reproduction.
    • Hongre : un mâle castré. Le mot vaut aussi pour l’âne et le mulet castrés.

    Tout entier n’est donc pas un étalon. La décision de castrer, et l’âge pour le faire, sont détaillés dans notre article sur la castration du poulain.

    Les moments de la vie du poulain

    • Le poulinage : la mise bas de la jument.
    • La bourre : le poil de naissance, qui tombe et laisse parfois apparaître une autre couleur. Notre article sur la robe du poulain explique ces changements.
    • Le sevrage : la séparation de la mère, vers 6 à 8 mois en élevage selon Wikipédia. Méthodes et précautions sont dans notre guide du sevrage du poulain.
    • Le débourrage : l’étape où le jeune cheval apprend à accepter une selle, un filet et un cavalier, ou à tirer une voiture.

    Poulain, un mot à plusieurs sens

    Le mot ne désigne pas que le jeune cheval. Littré lui donne un deuxième sens : une sorte de traîneau sans roue pour porter de gros fardeaux, ou une échelle garnie d’échelons de fer qui sert à déplacer les barriques dans un magasin. Wikipédia rapporte un autre usage, historique : pendant les croisades, les enfants de croisés nés en route, souvent en Orient, étaient surnommés les poulains, et beaucoup ont gardé ce nom. Le même article cite le poulain de Pézenas, un cheval-jupon manié par huit hommes dans l’Hérault, entré au patrimoine de l’humanité.

    Pourquoi ces mots comptent

    Le vocabulaire te sert d’abord à lire une annonce ou un catalogue sans contresens. Il te sert aussi face à un éleveur : demander si une jument est primipare, si un poulain est entier, ou depuis quand une poulinière est suitée, c’est poser les bonnes questions. Notre guide pour choisir un éleveur de poulains en donne la liste complète.

    Sources : Wikipédia, « Lexique du cheval », « Poulain », « Yearling » et « Cheval » · Dictionnaire de Littré, entrées « poulain », « pouliche », « poulinière » et « suitée ».

  • Vaccination du poulain : à quel âge commencer et quelles obligations

    En France, aucune vaccination des chevaux n’est rendue obligatoire par l’État. C’est la première phrase de la fiche « La réglementation vaccinale en France » publiée le 6 janvier 2026 par Marie Delerue, Gwenaëlle Grandchamp-Renard et Cathy Ménard. Mais la grippe et la rhinopneumonie deviennent obligatoires dès que le cheval participe à certaines épreuves ou sert à la reproduction. Pour un poulain, le calendrier se décide donc tôt, en pensant à son avenir.

    Ce qu’il faut retenir

    • Trois maladies sont visées : la grippe, la rhinopneumonie et le tétanos.
    • L’âge de départ dépend de la mère : 5 à 6 mois si elle est vaccinée, dès 2 mois sinon, selon le RESPE.
    • La primo-vaccination compte plusieurs injections, puis des rappels.
    • Les obligations dépendent de l’usage : épreuves d’élevage, compétition, reproduction.
    • Le tétanos n’est jamais obligatoire, mais reste vivement conseillé.

    Les trois maladies visées

    La grippe se transmet surtout par les sécrétions respiratoires. La fiche du RESPE, le réseau d’épidémiosurveillance en pathologie équine, précise que la mortalité est quasi nulle chez l’adulte, mais que de jeunes poulains meurent de complications de pneumonie.

    La rhinopneumonie provoque des troubles respiratoires et des avortements. Notre article pour faire saillir sa jument rappelle qu’elle est la première cause d’avortement infectieux.

    Le tétanos n’est pas contagieux. La fiche de 2026 explique que c’est pour cette raison que son vaccin n’est pas obligatoire : il protège seulement le cheval vacciné. Elle le juge vivement conseillé du fait de la gravité de la maladie.

    À quel âge commencer

    Tout dépend des anticorps que le poulain a reçus de sa mère par le colostrum. La fiche grippe du RESPE, mise à jour en juin 2014, distingue deux cas :

    • mère vaccinée : primo-vaccination à partir de 5 à 6 mois. Vacciner plus tôt, quand les anticorps maternels sont encore là, gêne la mise en place de l’immunité ;
    • mère non vaccinée : vaccination à partir de 2 mois. Avant cet âge, le poulain ne développe pas encore une bonne réponse immunitaire.

    Le RESPE conseille aussi un rappel chez la poulinière 4 à 6 semaines avant le poulinage, pour enrichir le colostrum. Ce point est détaillé dans notre guide de la gestation de la jument, et le rôle du colostrum dans notre article sur le poulain nouveau-né.

    Le protocole de base

    Pour la grippe, la fiche du RESPE de 2014 décrit une primo-vaccination en trois injections : deux à un mois d’intervalle, puis une troisième six mois après la deuxième. L’immunité apparaît environ 15 jours après la deuxième injection et dure entre 6 et 12 mois. Les rappels se font au minimum chaque année, avant le 365e jour, et si possible tous les six mois.

    Autres précisions de la même fiche :

    • certains vaccins associent grippe et tétanos, ou grippe et rhinopneumonie ;
    • on ne vaccine qu’un animal en bonne santé ;
    • certains chevaux ont de la fièvre 2 à 3 jours après l’injection.

    Cette fiche date de 2014. Les intervalles exacts exigés aujourd’hui varient selon le règlement visé : ton vétérinaire les adapte au vaccin utilisé et au projet du poulain.

    Les obligations selon l’usage

    La fiche de janvier 2026 détaille les cas où la vaccination devient obligatoire :

    Situation Ce qu’exige la fiche de 2026
    Épreuves d’élevage et de valorisation SHF, sauf poulains non sevrés Grippe et rhinopneumonie. Depuis le 1er janvier 2022, au moins les deux premières injections, la dernière faite 7 jours au minimum avant le premier jour d’épreuve
    Compétitions FFE, divisions Pro et Amateur Grippe et rhinopneumonie : obligation en Pro depuis le 1er janvier 2024, étendue à l’Amateur depuis le 1er janvier 2026. Trois injections de primo-vaccination, rappels annuels, aucune injection dans les 7 jours avant une compétition
    Reproducteurs Étalons utilisés en insémination artificielle (arrêté du 4 novembre 2010), étalons de plusieurs stud-books en monte naturelle, juments saillies par certains étalons : règlement de chaque stud-book
    Compétitions FEI Grippe uniquement

    Les courses ont leurs propres codes, décrits dans la même fiche. Si ton poulain est destiné aux concours d’élevage, le calendrier SHF fixe la date limite de sa première vraie échéance. Les règles de ces concours sont présentées dans notre article sur l’élevage de chevaux de sport.

    Le tétanos, à ne pas oublier

    Un poulain se blesse facilement au pré. Le tétanos entre par une plaie, et le vaccin n’est exigé par aucun règlement : c’est à toi d’y penser. Avant une castration, le cours de chirurgie de l’université de Constantine recommande un rappel chez un cheval vacciné, ou un sérum si le statut est inconnu. Notre article sur la castration du poulain détaille cette préparation.

    Organiser le calendrier

    • Note le statut vaccinal de la mère avant la naissance : il fixe l’âge de départ.
    • Le RESPE rappelle qu’un mauvais état général nuit à l’immunité : évite de faire coïncider la première injection avec le sevrage, période de stress pour le poulain.
    • Garde la trace de chaque injection, avec la date et le nom du vaccin.
    • Repère la date de la première épreuve visée et compte à rebours avec ton vétérinaire.
    • Programme les rappels avant leur échéance : la fiche de 2026 montre que, dans plusieurs règlements, une rupture vaccinale entraîne une reprise du protocole.

    Sources : M. Delerue, G. Grandchamp-Renard, C. Ménard, « La réglementation vaccinale en France », 6 janvier 2026 · RESPE, fiche « Grippe », mise à jour juin 2014 · Université de Constantine, cours « La castration du cheval », 2025-2026.